Parage et rembordage : là où se joue la finesse
Parer, c’est amincir le cuir localement pour qu’un assemblage reste plat. Sans parage, deux épaisseurs pliées et rabattues créent un bourrelet qui déforme la pièce et fatigue la couture. On pare au couteau à parer tenu presque à plat, sur une pierre lithographique ou un marbre, en enlevant de fines pelures successives ; la parure à la machine à refendre existe aussi, mais le geste manuel reste indispensable sur les angles et les petites pièces.
On distingue le parage en biseau, sur la bande destinée à être rabattue, le parage en gouttière au milieu d’un pli, et l’amincissement général d’une doublure trop épaisse. La règle pratique : sur un rembord classique, la bande parée fait environ la largeur du rabat plus deux ou trois millimètres, et son épaisseur en bout descend vers un tiers de l’épaisseur d’origine.
Rembordage
Le rembordage consiste à rabattre le bord paré sur l’envers, encollé, puis à marteler légèrement l’arête pour l’asseoir. Les angles se traitent en retirant de la matière en biais avant de replier, sinon la superposition crée une bosse. On laisse sécher sous poids avant de coudre : une colle encore fraîche se déplace sous la traction du fil.